Ce n’est plus un avertissement, mais un
passage à l’acte, dont l’objectif toutefois n’est pas de nuire.
Lorsqu’un chien mord une personne de son entourage, il n’est pas sa
volonté de faire du tort, mais d’agir pour faire cesser ce qui
l’incommode.
Car elle est intimement liée au contexte, la morsure peut se présenter
comme une réaction brève et unique, mais elle peut aussi être multiple.
Une volonté d’apaisement (ritualisé par le léchage) de la victime suit
généralement la morsure. Cette phase servant à calmer les
tensions, signifie ni plus ni moins la paix retrouvée, et il est erroné
de croire que le chien a la volonté de se faire pardonner, il ne s’agit
que d’un rituel canin.
Etant donné qu’elle survient généralement dans le milieu familial,
proche en tout cas, elle est blessante à double titre, sur le plan
physique d’une part et sur le plan affectif d’autre part. La
morsure est vécue par l’Homme comme un acte de traîtrise, le chien
témoignant là d’un manque de reconnaissance pour son entourage de lui
assurer (en tout cas le pense-t-il) tout le confort dont il a
besoin. Comment se sentir à nouveau confiant devant ces conduites
incertaines, irrespectueuses de nos règles sociales et/ou familiales,
est probablement la question se trouvant au cœur des préoccupations de
la famille qui cherche à savoir si cela va (peut) se reproduire.
Car ce sont les situations qui amènent la morsure, une meilleure
compréhension/gestion de celles-ci permettront de ne plus faire surgir
cette réaction chez le chien. La fable du « chien qui a mordu
mordra » et toutes ses déclinaisons pourra alors être reconsidérée sans
crainte.
Il est indispensable de revisiter promptement les événements, d’en
décomposer le déroulement (presque toujours, des signes annonciateurs
existaient mais n’ont pas été perçus comme tels) et d’en faire le
détail avec les propriétaires pour empêcher que se rejoue une situation
similaire amenant une réponse immanquablement identique chez le chien.
Ecrit par Michel Quertainmont, comportementaliste, pour Date-Dog.