ENCORE DES CHIENS MORDEURS
CE QUE JE PENSE :
Au moyen âge bêtes et gens passaient également devant le tribunal et les animaux étaient aussi sévèrement punis que les personnes,
telle cette truie accusée d’avoir eu avec son propriétaire des relations sexuelles et condamnée au bûcher.
Les choses ont évolué fort heureusement pour les truies !
Condamner les propriétaires de chiens ayant mordu à des peines lourdes est normal puisque chacun est responsable de son animal et des dégâts
qu’il peut occasionner. Espérons que cette mesure fera diminuer sensiblement ces accidents extrêmement pénibles et traumatisants.
UN PEU D’HISTOIRE POUR COMPRENDRE
Rappelons que les chiens ont été domestiqués il y a quelques milliers d’années (entre 7 à 12 voire 15 – excusez l’imprécision) et que pendant
cette longue période il s’est attaché aux humains comme aucune autre espèce animale. Il descend du loup, espèce alors très répandue et très « plastique » s’adaptant à toute sorte de milieux avant que l’homme ne le décime. Cette domestication entreprise à différents points du globe s’est accompagnée d’une sélection qui fait que, sans doute, dès le départ nous avions des morphologies très différentes ainsi que des caractères et des aptitudes divers.
Mais la plupart de ces ancêtres étaient de grande taille comme le montrent les peintures rupestres. Ce sont des chiens de montagne grands et lourds
avec certainement une bonne dose d’agressivité, gage de survie, pour chasser les prédateurs aussi redoutables que les ours. En Iran les molosses
très grands et lourds sont des chiens de guerre. D’’autres attaquent chevaux et lions. Dans les steppes ces animaux sont minces et élancés, hauts sur pattes pour chasser les gazelles, alors que dans les forêts ils seront nettement plus petits. Les enfants gardent les troupeaux et les chiens de berger apparaîtront bien plus tard et encore plus tardivement, certains s’achemineront, avec bonheur, vers une carrière de chiens d’agrément.Cette diversification aboutira aux nombreuses races actuelles et il est évident que la sélection de la morphologie et du caractère se transmet de génération en génération. Les races descendant des grands chiens de guerre ou de gardiens de troupeaux ont une agressivité innée plus importante que les chiens de chasse ou de canapés.
Seulement il est démontré, aujourd’hui, que, question caractère, l’hérédité se situe seulement aux environs de 25 %. Le reste sera de l’acquis.
Ce qui veut dire que, même si le chiot, qu’on vient d’acquérir a une bonne dose d’agressivité (et ça se voit de suite) on peut très bien renverser la tendance grâce à une éducation appropriée.
Dans une même race nous avons le meilleur et le pire. Par contre la sélection pourra aboutir à des lignées (il ne faut pas oublier quand même les aléas dus à la génétique) de chiens méchants ou de chiens gentils, tout comme il y a des lignées de bons chasseurs ou de mauvais. L’éducation fera le reste. De façon générale il est plus facile de rendre un chien gentil que de le rendre méchant.
Un autre paramètre important est la taille et la puissance de la mâchoire voire la longueur des canines. Il est évident qu’un chien devient dangereux pour la vie d’autrui au dessus d’un certain poids qu’on peut estimer entre 15 et 20 kg environ. Les petits pinschers souvent agressifs et mal éduqués ont beaucoup mordu mais n’ont tué personne.
Tout cela pour dire que deux facteurs sont déterminants : la TAILLE ou mieux le POIDS et l’EDUCATION.
Il s’agit de prendre le problème à la source et apprendre aux personnes de bonne volonté qui vont acquérir un chien les règles élémentaires de l’éducation canine que presque tout le monde ignore, et c’est normal, puisqu’elles découlent de connaissances relativement récentes, que néanmoins les éleveurs, dignes de ce nom, ne peuvent plus ignorer -encore faudra t il le vérifier.
CONTROLE DES ELEVAGES et des ANIMALERIES
Ici, comme dans toutes les professions, il y a des bons et des mauvais. Ces derniers, comme tous les ignorants, croyant tout savoir. «ça fait trente ans que je fais du chien…. » n’ont aucune chance de s’améliorer.
Une commission dans chaque département comprenant un responsable de la Société Canine, un membre d’un club d’éducation, un éducateur canin et un représentant des Services Vétérinaires voire un gendarme devrait faire, de temps à autre (une ou deux fois/an) des visites inopinées dans les élevages et sanctionner ou fermer ceux qui n’ont pas leur certificat de capacité (pourtant obligatoire), ceux qui n’appliquent pas les règles apprises et, d’une façon générale, tous ceux qui ne font pas correctement leur travail.Cela ne me semble pas trop compliqué à mettre en place.
Il faut interdire l’élevage des animaux de plus de 15 à 20 Kg ailleurs que dans les élevages patentés et, évidemment, faire la chasse aux élevages clandestins, aux « déséquilibrés » qui gardent des chiens dans des cages et dans l’obscurité. Ce qui ne devrait pas être trop difficile non plus puisque ces élevages sont connus par les services de police et, si ce n’était pas le cas, ceux ci pourront trouver les adresses chez les journalistes de la télévision.
Se méfier de certaines animaleries où on vend de tout : des animaux sans papiers, au prix d’un fils de champion, venus d’on ne sais d’où (aucune transparence ni traçabilité). Ne pas acheter « l’invendu », en cage depuis des semaines, et qui fait pitié. Il sera plus ou moins désocialisé avec les ennuis qui en découlent.
EDUCATION DES PROPRIETAIRES
Ne pas acheter des chiots qui ont des pathologies du comportement telles que : Dyssocialisation ou Désocialisation, et les stades avancés de l’Hypersensibilité-hyperactivié et du Syndrome de privation sensorielle. Le diagnostic n’est pas évident. Il faut se faire conseiller par un professionnel compétent.
Ne jamais remettre un chiot sans un « Mode d’emploi ». Document simple, facile à lire, où sont expliquées les choses à faire et à ne pas faire.
Il en existe beaucoup, certains gratuits élaborés par les laboratoires pharmaceutiques, les fabricants d’aliments ou des vétérinaires. Bien faits en principe.
Savoir que l’éducation commence dès la naissance (socialisation) chez l’éleveur et dès l’âge de 8 semaines chez le nouveau propriétaire.
Savoir surtout que tout ce qui est facile à apprendre entre deux et quatre mois devient de plus en plus difficile avec l’âge, et que certaines pathologies du comportement acquises très jeunes peuvent s’aggraver avec le temps (Hypersensibilité – hyperactivité par exemple).
Encourager tous les propriétaires à demander conseil à leur vétérinaire. Beaucoup se sont formés à cette nouvelle discipline.
Les motiver aussi pour aller dans les nombreux clubs d’éducation canine qui existent partout en France.
Ne plus jeter l’opprobre sur telle ou telle race.
Moyennent quoi….
B. EHLIG